Entre nous

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petites sensations
les voyages ascentionnels
inédits d'enfance
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andrée wizem

Scènes slam 26

à voir en septembre
...

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Vive la curiosité...

Mardi 29 avril 2008
ne pas manquer de retrouver
alain rais
qui dira des textes de poètes
de langue espagnole
dans le cadre
du festival flamenco
du 30 avril au 4 mai

jeudi 1er mai 2008
18h
librairie "la balançoire
6 rue général berlier
26400 crest
..............................................................................

à alain rais
le vingt cinq avril deux mille huit


c'était un lieu dit
en france à lisbonne ou ailleurs
 un coin de restaurant d'entreprise
une librairie le hall de théâtre
une fête un théâtre en grand
un bar un théâtre de près
et c'est toi qui te lève
à mon entrée pour me saluer
comment c'est toi je te reconnais
c'était quand déjà
je te vois tel que tu étais
je te reconnais tel que tu es
tu ouvres grand les bras
 ta voix est ta voix au long cours

c'est un lieu dit
où tu invites ceux qui pointent l'oreille
un demi cercle un arc qui s'ouvre
un amphi de plein pied
une scène ambulante
construite d'un jour à l'autre
pour accueillir
les poètes par ta voix colportés
c'est bien toi je te reconnais
c'était quand déjà
juste après soixante huit
tu labourais la poésie de village en village
je t'entendais de loin
tes mains depuis toujours sont en porte voix

c'est un lieu dit
le lieu de la poésie
celle mise parfois entre parenthèses
les poètes dont les noms nous échappent
les voix perdues dans le tumulte et là cependant
la poésie toi tu la dis entre guillemets
par toi les poètes jouent à contre courant
les voix tu les portes sur tes épaules
je t'avais mis entre parenthèses toi aussi
mais une parenthèse est un bout de mémoire
prêt à se ranimer au moindre souffle
je ne t'attendais plus
et tu es toujours là
pour moi tu fais vivre un monde de poésie

c'est un lieu dit
celui où ma mère entra dans un théâtre
était ce monsieur plume ou le brave soldat schweik
mais si tu verras tu ne comprendras pas
peut être mais c'est là qu'il faut être
c'était quand déjà
les années soixante dix
je t'entendais en avant première
les textes s'affichaient en avant première
tu cherchais la poésie en avant première
les saltimbanques étaient sur les chemins
que l'on soit dix vingt ou trente
au lieu dit les poètes étaient là
la poésie était sur la place

c'est un lieu dit
le lieu de passage pour la poésie
ce ne sera jamais le même
ce sera peut être dans la parenthèse
dans la mémoire qui se tisse
celle que l'on porte avec soi
juste à portée les jours de trop grands froids
le temps de ressaisir le fil
celui que tu extrais de ta bouche
en portant tes doigts à tes lèvres
tu ne m'attendras plus
pourtant je serai là
comment tu es là je te reconnais
et c'est encore aujourd'hui


andrée wizem
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Dimanche 18 novembre 2007
palais abyssal

si
son chemin
l'avait conduit
dans ce dédale
de calcaire
de quelles lentes coulées
des plus fantasmagoriques
aurait-il enrobé
le palais

quels mots
aurait-il gravés
dans ces grottes magiques
accumulant
patiemment
la mémoire du monde
quel nouveau palais idéal
vais-je à mon tour
créer

andrée wizem

......................
c.f
le palais idéal
du facteur cheval
à qui je dois une bonne part
de mon imagerie
 
merci à serflac qui restitue bien la déambulation...le bestiaire...le végétal...les signes d'une écriture...l'ombre et la lumière...l'infiniment grand et l'infiniment petit...l'accumulation...l'assemblage des origines diverses...le lien entre individu et universel...la jubilation...
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Jeudi 1 novembre 2007
rose bleue

la rose d'or
ouvre l'infini
la rose des vents
fait tourner les tempêtes
ma rose bleue
entre en scène
elle fait son cinéma
et troque le quotidien
pour des robes de fée
danse dans les nuits chaudes
cherchant la lumière
au coeur des lieux obscurs
elle se laisse emporter
et déchire la toile
pour fondre dans le rêve

c'est un dimanche d'été
 les yeux sont rivés au soleil
habits du lundi pendus au clou
les atours du jour sont de fête
le voisinage est derrière les volets
c'est cinéma en plein air
comme ça sous le soleil
juste un drap de lit pour écran
projection des images à tous vents
chacun choisit le film à la carte
éclats de voix sans traduction
paysage sonore en bande originale
c'est un dimanche de toujours
leurs yeux sont rivés au nuages
  ils en oublient le fil des jours

c'est chaque fois une avant-première
pas encore de titre à nos films
le cinéma en story-board
les images qui déboulent et s'accélèrent
des couleurs qui se superposent
le détail qui arrive en gros plan
le paysage qui s'anime peu à peu
et des figures qui nous ressemblent
la séance de cinéma est gratuite
 les yeux plongés dans l'espace
à pieds joints je saute
en plein coeur de l'affiche
c'est la séquence déchirure
parallèles et bipèdes en kaléidoscope
modelages d'argile rouge
s'animant au toucher de la main

force plus voilà mary poppins
ou alice au pays des merveilles
tous nos étonnements sont des bulles
que des bouches grandes ouvertes
qui font résonner le silence
charlot a encore quelques soeurs
qui cueillent les kids au coin des rues
les princesses ont des habits fluo
les princes jouent au clowns tristes
les images sont sens dessus dessous
où se fait le théâtre des jours
un pied dans le in l'autre dans le off
pédalages de fourmi ou de géant
à un deux trois soleils
nous voilà tous gagnants

la rose d'or
ouvre l'infini
la rose des vents
fait tourner les tempêtes
ma rose bleue
entre en scène
elle fait son cinéma
et troque le quotidien
pour des robes de fée
danse dans les nuits chaudes
cherchant la lumière
au coeur des lieux obscurs
elle se laisse emporter
et étire la voile
pour fondre dans le rêve

où est la rose pourpre du caire
derrière les écrans de verre
dans le ciel des grandes tours
quand je le veux en plein jour
à l'heure des cinémas de rue
mes images sont dans l'image
mon noir et blanc fait la star
voici le héros de mes rêves
qui crève mon écran de papier
et vient prendre ma main
juste par la magie des mots
ai je bien tout dit
des couleurs de ma vie
que pourrais je te conter
que tu ne sais déjà

la rose d'or
ouvre l'infini
la rose des vents
fait tourner les tempêtes
ma rose bleue
entre en scène
elle fait son cinéma
et troque le quotidien
pour des robes de fée
danse dans les nuits chaudes
cherchant la lumière
au coeur des lieux obscurs
pour fondre dans le rêve
qui se souviendra
de la rose pourpre du caire

andrée wizem
..........................................
montage de textes
et réécriture
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Lundi 22 octobre 2007
à
mon oncle
déporté à dachau
mon grand-père
déporté et mort à mathausen
à
"ceux de châteaubriant"

guy môquet
jeune résistant communiste
fusillé le 22 octobre 1941

et les 26 autres otages
fusillés avec lui

..........................
dans mes liens
"vive la curiosité"
voir

écouter

la vidéo
http://www.alternatives-images.net/
...
"résister c'est créer
créer c'est résister"

http://www.alternatives-images.net/cnr/appeltxt.pdf
.............................................
ramallah au coeur
rêve d'amour d'un chef d'orchestre
ta musique résonne
..................
que vienne la nuit

derrière la palissade des stades
les nuits sont plus libres que les jours
il se conte des histoires d'amour
pour ceux qui jonchent les cellules

les yeux fixent carrelage et plafond
la lecture toujours de bas en haut
les lignes se tordent et se courbent
des figures ardentes naissent aux esprits

la voix dit l'épine à la moelle épinière
des cordes des guitares se tendent
des traces de doigts sur le piano des corps
temps des découpages des morceaux de vie

que vienne la nuit et tu peux t'évader
une chevelure un visage des volets mi clos
une étendue de lumière comme un patio
tu ouvres et refermes ton coffre rouge à trésors

les mots griffés aux murs qui écoutent
les dessins marqués des clous de fortune
parfois un chant psalmodié pour ne pas oublier
une parole nue au cercle des disparus

il faut que les nuits n'en finissent pas
tous les geôliers peuvent s'endormir
derrière la palissade des stades
tu appelles le coeur de shéhérazade

andrée wizem
(22 et 23.06.07)

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Mardi 7 août 2007
...un jour...
sur le blog "L'oeil ouvert"...
Patricio (...)
Patricio Rojas San Martin

a écrit:
..........................................
Le lapin mangea sa carotte
......................................

Uniformité
Régularité

La maîtresse dit à la classe
"Regardez le sang du Christ"

Obéissants les élèves s'exclamèrent
"Oh quelle merveille"

Le cancre avait faim
Il mangea une assiette de boudin
.......................
aussitôt
j'
ai écrit:
........................
coup de sang


la maîtresse poète
dit tout au trublion
elle dit le sang du christ
les guerres sanguinaires
et le sang bleu des femmes
le sang du taureau mort
la lente pourriture
les gros caillots bordeaux
le mouton égorgé
la pintade pendue
gardant la chair d'ocre
elle dit sans fioriture
les excréments du monde
lui peut engloutir tranquille
son boudin cru à l'ail
entre coups de fourchette
il entend d'autres mots
ceux du sang vif et clair
de la maîtresse poète
qui inonde l'espace
d'une coulée de vie
le front têtu baissé
sur son bol de riz
il perçoit sans le dire
un sang de poésie

(publié sous le nom de bouldegom)
...........................................
...depuis j'ai assemblé ce texte avec un autre ...
................................
initiation poétique et exposition

la maîtresse poète
dit tout au trublion
elle dit le sang du christ
les guerres sanguinaires
et le sang bleu des femmes
le sang du taureau mort
la lente pourriture
les gros caillots bordeaux
le mouton égorgé
la pintade pendue
gardant la chair d'ocre
elle dit sans fioriture
les excréments du monde
lui peut engloutir tranquille
son boudin cru à l'ail
entre coups de fourchette
il entend d'autres mots
ceux du sang vif et clair
de la maîtresse poète
qui inonde l'espace
d'une coulée de vie
le front têtu baissé
sur son bol de riz
il perçoit sans le dire
un sang de poésie
la maîtresse dit tout
à cet enfant inquiet
elle l'aide à approcher
les beautés de ce monde
elle guide sa main
met ses doigts sur le cou
ajuste la pression
pour qu'il sente sa peau
va jusqu'à l'épaule
l'invite à une danse
percevoir la rondeur
et le creux de sa main
fait courir sur le bras
un doigt impersceptible
pour qu'il ait le frisson
aiguisant le regard
elle lui dit d'essayer
la colline si douce
de se laisser aller
à un doux tourbillon
la maîtresse le porte
jusqu'à la hanche haute
pour qu'il ait le désir
de grandir à son tour
elle le laisse glisser
la main dessous la cuisse
sans crainte que ses yeux
se perdent alentours
elle lui dit en riant
de caresser la jambe
et l'enfant tout de go
chatouille les orteils
en courant il poursuit
la lente découverte
il pointe avec son doigt
le nombril du monde
il approche son oeil
pour voir le détail
il ne se prive pas
des seins qui s'abandonnent
et embrasse la douce
avec des mots trés doux
l'enfant demande alors
ce que fait là la belle
la maîtresse veut bien
qu'elle soit dans son sommeil
elle cherche avec lui
les raisons de ces choses
elle dit parfois la mort
emportée par la vague
mais les batailles aussi
et les linges arrachés
les refus supposés
avant une défaite
elle devine avec lui
le secret de ces choses
sur sa table d'école
l'enfant pétrit la glaise
maîtresse peux-tu m'aider
comment faire tenir
mon bonhomme debout

(publié sous le nom de andrée alias B2G)
andrée wizem
...........................................


c'est par Patricio que j'ai découvert le slam poésie...
Patricio est poète performer

il a participé brillamment au Grand Slam National
en 2004...2005...2006...
avec l'équipe du slam nantais

il anime une scène mensuelle au 15bis à nantes
ainsi que de nombreuses scènes ponctuelles

Patricio Rojas San Martin...


  ...est auteur de sketches sur les droits humains
et de témoignages sur la torture dans le monde...
qu'il présente seul en scène

il intervient pour écrire à vif et déclamer les textes in situ
lors d'évènements culturels divers

il est auteur de "D'Encre de de lumière / De Luz y de Tinta"
en partenariat avec le photographe Robert To(...)
aux Editions Les 2 Encres

il poursuit sa recherche en poésie


pour connaître l'actualité
de  Patricio(...)
et de ses ami...E...s

de nantes:
visitez... dans les liens que j'indique...
le blog du slam nantais

http://slam-nantes-44.over-blog.com/
voir leur rubrique "les gens"







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Mardi 7 août 2007
folles cavalcades

cheval fou
te souviens-tu de la pierre
heurtée un jour sous ton sabot
cheval fou mon amour
oreilles aux aguets
regards obliques
naseaux à la brise
sabots de braise
silencieux mystérieux
suis-je là pour toi
cheval fou qui es-tu
forme blanche
moyen de locomotion
tondeuse à gazon
compagnon de labeur
fouleur tous azimuts
gardien de troupeau
enjeu de rivalité
croupe idéale
porte-bonheur
dépositaire de secrets
quatre fers en l'air
cheval fou oeil d'ombres
qui cabre sa crinière
dans une nuit sans lune
emportant les amants
ligotés sur son dos
langue hennissante
entre les dents fendues
pointées vers l'univers
cri de désespéré
figure éplorée
corps sacrifié
dans les bras torses
du minotaure aveugle
portant le masque
à la corne brutale
noire bête immonde
menée par la harpie
à l'épée tranchante
chevauchée endiablée
enjambant la mort
cheval fou qui es-tu
vision sublimée
réincarnation
affrontant la foudre
l'éclair et le mystère
la peur dans le regard
cheval fou miroir bleu des marquises
marqué par la croupe
des nus en liberté
et l'or de leur peau
roi du manège
perpétuelle magie
théâtre d'illusions
de clowns et de voltiges
compagnon de fortune
qui va l'amble
avec le saltimbanque
dénudé et sans fard
s'avançant yeux ouverts
cheval fou qui es-tu
marcheur somnanbule
oeil obstinément rivé
aux pierres du chemin
cherchant celle menant
au palais idéal
cheval fou
les sabots dans la roche
tu défies le manège
de la ronde immuable
les caresses laissées
par tes folles cavalcades
ont mouillé tes anseaux
du goût de l'aventure
déjà tes oreilles sensibles
ont deviné la brise
de ton oeil unique
tu perçois mon approche
secoue ta crinière
libère tes sabots
inspire le vent qui souffle
baigne toi de lumière
montre moi tes ruades
veux-tu encore hennir
cheval fou qui es-tu
miroir mon beau miroir
dis moi qui tu vois
jument de feu qui es-tu

(publié sous le nom de andrée alias B2G)
andrée wizem

.............................................................

assemblage de différents textes publiés
chez Ossiane sur "L'oeil ouvert"
et présentés comme cela lors des scènes ouvertes
la voix la diction le souffle donnant je l'espère
la cohérence que j'y vois...

...cependant je me souviens qu'à la fin
de ma première présentation de ce texte
mehdi dix qui animait a dit:
"...et après cette histoire de cheval..."

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Mercredi 1 août 2007
ensemble contre la peine de mort

...................

ma peine de mort

nouvelle froide
tire à la corde
d'est en ouest
du nord au sud
barbarie de la peine

film d'horreur
voiler mes yeux
boucher mes oreilles
ouvrir ma bouche
cri de la peine

nouvelle tranchante
je voile mes yeux
j'obstrue mes oreilles
j'ouvre ma bouche
nouvel effroi

nouvelle du talion
noeuds rituels
d'est en ouest
du nord au sud
chassés croisés

nouvelle mortelle
l'un chasse l'autre
j'ouvre mes yeux
je tends mes oreilles
cri muet de ma bouche

nouvelle hérésie
l'une ne chasse pas l'autre
j'ouvre les yeux
je tends mes oreilles
j'écris

nouvelle poésie
prévenir des barbaries
j'ouvre vos yeux
je crie à vos oreilles
mots de vie à vos bouches

ma peine en poésie


(publié le 30.12.06 sous le nom de andrée alias B2G)

andrée wizem
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Lundi 30 juillet 2007
à demeure

les bottes de paille
sont des murs éphémères
ça compte pour du beurre
ça ne paye pas de mine
juste la sueur qui trempe
l'énergie qui moissonne
les bras qui font le lien
et les hue et les dia
des charrettes en choeur
les lits des infortunes
et les bains de jouvence
parois chargées de foin
de nos tours de babel
cylindres dans les champs
comme rouleaux de printemps
viens voir les coquelicots
teintant le jaune paille
les bleuets des épis
aérant l'atmosphère
j'entends les escalades
des enfants de la terre
les jeux de la cachette
dans le fin fond des grottes

je compte les étages
il n'y a pas de ciel
tout en haut de mes tours
les meurtrières pour rire
pour cracher les noyaux
de pêche ou d'abricot
c'est toi qui va compter
tout le reste du temps
l'ère d'amour de toujours
dans les bottes coussins
plonge à corps perdu
dans les granges odorantes
fais naître la récolte
au creux de la nature
aux senteurs de tisane
breuvages pour guérir
herbe sèche bois taillé
et les jeux de bûchettes
les trésors haut-perchés
le tas de sable blanc
la montagne de sucre
et les dunes de sel
comme cendre de feu

la lumière parchemin
au travers du rideau
les longues chevelures
des pleureuses sanguines
ruissellement de lune
ou volutes de l'ambre
ou flammes renaissantes
comme une lampe rousse
veilleuse de nos nuits
l'écran de cinéma
fait le jeu des lueurs
seule au centre du cercle
spectacle du souvenir
j'entends une voix chaude
qui décompte le temps
pour savoir comment faire
M c'est pour les mères
O c'est une offrande
R c'est rituel
T c'est pour longtemps
V c'est un visage
I c'est l'innocence
E c'est un enfant

bienvenue à demeure
dans la maison de paille
celle des plus fragiles
lequel de nos petits cochons
sur le seuil de la porte
le loup a désormais
renoncé à la lutte
il aime les comptines
comme un gardien du temple
je compte les paroles
glissées aux interstices
meurtrières comme niches
où cacher tous les mots
comme des ailes au vent
paroles de papillons
inscrites à nos cloisons
il n'y a plus d'aiguille
dans les bottes de foin
seuls les graffitis
les murmures et les souffles
les traces de nos doigts
comme rondes éphémères
répétées comme un signe

le rideau de tissu
tombe comme la voile
post-it géant qui affiche
nos mémoires à volo
la forteresse à l'eau
est ventre de baleine
elle est fétu de paille
au grès de nos mirages
au vu des sanctuaires
plantés en ribambelles
des cairns des anneaux
autels frontons de mers
des chemins de cailloux
fais seul les premiers pas
au long du grand couloir
la rondeur de la voûte
est une offrande chaude
un bon bain d'eau salée
ça compte pour du beurre
comme le lait des vaches
baignant notre intérieur
ça ne paye pas de mine
ça vaut tout l'or du monde

voilà l'abri de rêve
la hutte en terre d'argile
les structures archétypes
comme celles des demeures
bâties par les artistes
de grands enfants sans âge
famille d'étienne-martin
ou d'autres à venir
image de termitière
ou nid en haut des branches
terrier tressé de feuilles
ou parois troglodytes
buildings inextricables
ou monceaux de cartons
viens dire dans ce lieu
les mots du bout des langues
prends le risque enfantin
de la curiosité
dans la nuit sans étoiles
fais vivre les lucioles
du souffle qu'il te reste
bâtis en me parlant
ma nouvelle demeure

andrée wizem

..........................................................
mes sources:
expo vue le 29.07.07:
"circle of memory" de Eleanor Coppola
jusqu'au 16.09.07 au musée Fabre
de montpellier

réminiscences: ...qui habite cette maison?...
...tire la chevillette et la bobinette cherra...

film: "le bonheur d'emma" de Sven Taddicken

............................................................
écouter/suivre le lien: france culture coppola
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Lundi 23 juillet 2007
poésie de tous les chemins

le chemin prend sa virée
là où le coeur battait si fort
et que dans la nuit noire
il fallait chercher le pain
chantant à tue-tête
pour étourdir les oreilles
chasser les mystères cachés
derrière le vent des platanes

le chemin passe devant le lavoir
entouré de murmurantes ruisselles
qui ne retient plus l'eau de source
et qui se laisse chaque fois envahir
par les ronces les orties et les pissenlits
où se perd l'unique ballon
quand l'aboiement rustique du chien
fait prendre la poudre d'escampette

le chemin s'enroule autour du tilleul
dont les racines offrent le temps d'une pause
le loisir des bavardages hasardeux
les fourmis y élisent domicile
et mettent fin par leurs cheminements
à la halte nappée de senteurs sucrées
près de la grange débordant de paille dorée
gardée par des charrues et autres vestiges

le chemin longe les enclos
des ânes des vaches ou des chèvres
à l'affût du sel de nos mains tendues
gris doux blanc noir ou fauve
au tableau s'ajoute les senteurs de crottin
et les pieds égrènent ces traces semées
tout au long des touffes de sauge bleue
abritant en bouquets les pucerons mielleux

le chemin va plus loin
là où grandit l'étendue de maïs
qui secoue ses feuilles élancées
accompagnant le bruit de l'air
sèchant ses épis au chant du grillon
qui masque les volte-face en sourdine
des lièvres des chevreuils et leurs biches
des faisanes dorées et autres rongeurs de nuit

le chemin grimpe aux grottes idylliques
où sont gravées les coeurs improbables
portant les signes des rendez-vous
du temps des parenthèses floues
et où s'accumulent le sable doux
remplissant chaque été les bacs à jeux
de toute une vallée de jardins
aidée par des vieux en brouettes

le chemin pousse jusqu'à la masure
où le pisé et les pierres laissent deviner
les vestiges des vies passées
enrobées du parfum des violettes
à l'ombre du souvenir d'un verger
le temps pris pour mêler patiemment
les pétales blanches ou mauves
reste toujours du temps gagné

le chemin traverse le sous-bois
et se retrouve près du château des rois
celui qui a deux ou trois tours
qui n'a vu à ce jour âme qui vive
tout au long de ses quatre saisons
gardant les volets fermés à la curiosité
mais se laissant emporté par l'édit de l'enfance

le chemin peut rebrousser chemin
et conduit qui veut bien l'aventure
au pays d'un autre palais idéal
celui d'un marcheur de campagne
cueillant chaque jour dans sa besace bleue
les pierres de mollasse lentement sculptées
aux tours des coquillages de mers reculées
mêlant avec passion les traces d'humanité

le chemin peut prendre la traverse
pour venir en détours jusqu'à nous
il se charge des parfums de poésie
il se plaît au jeu de la cachette
où les trésors enfouis par la vie
sont à rechercher avec persévérance
pour faire pétiller la braise gardée
dans le secrets des corps et des coeurs

andrée wizem

...............................................................................

voilà un texte pour faire un sort aux souvenirs...
une fois écrit je me suis dit...
voilà une bonne chose de faite...
passons à autre chose...
mais
je retire une certaine satisfaction d'avoir réussi à l'écrire...
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Dimanche 15 juillet 2007
c'est en février 2006 que je me suis lancée en quête de nouvelles formes d'expression ...
après des années d'une énergie militante, dans la sphère politique et syndicale, qui avaient
épuisé mes utopies sans nourrir mes rêves, je décidai de ne pas être perdue pour toutes les causes...j'avais toujours aimé la poésie...j'adorais recopier sur des carnets des flots de poèmes...j'étais attentive aux émotions qu'ils suscitaient...j'avais découvert que ma mère aussi avait aimé garder un recueil manuscrit de poèmes...le forgeron d'arthur rimbaud... oceano nox de victor hugo...
j'avais passé du temps à chercher des poèmes pour les enfants... mais j'étais curieuse de découvrir ce qu'il advenait de l'écriture poétique vivante, aujourd'hui...
je cherchais à renouveler mon énergie avec une forme d'expression qui réveille la communication...
au cours de douze années de cours du soir en dessin, peinture et modelage, j'avais développé une imagerie des formes, des couleurs, des sensations qui étaient disponibles pour être mise en mots...mais renouer avec les arts graphiques me paraissaient necessiter trop de conditions materielles et plus de solitude aussi...il me fallait une forme d'expression avec laquelle la distance entre la création et la communication soit réduite...internet était là...

je découvrai
le blog d'Ossiane "l'Oeil ouvert"
,
sur la note "inspiration"
un espace où les photos, les calligrammes, les haïkus d'ossiane, quelques écritures fortes d'intervenants ont provoqué mon désir d'écriture en poésie...
qu'ils en soient, ici, remerciés...

mon premier texte posté chez ossiane,

....................................................

nageoires fauves
zèbre emplumé
caravelle ailée
icebergs mordorés

écorce entaillée
bois flotté

franges lissées
roseaux courbés
rubans zippés

archipels nacrés
horizons marbrés



(sous le pseudo de bouldegom)
le 06.02.06


andrée wizem

....................................................

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Messages non-stop...

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