Entre nous

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petites sensations
les voyages ascentionnels
inédits d'enfance
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andrée wizem

Scènes slam 26

à voir en septembre
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Vive la curiosité...

Dimanche 9 décembre 2007
ingrid

tu te souviens
tu as griffé le sein de ta mère
gestes menus de la main en creux
tu as écouté la gravure sur la peau
 sous tes ongles les traits rougis des balises
l'épaisseur d'un pli entre les doigts

tu te souviens
tu as fait un signe du bout de tes pieds
parcelle de chemin mesures indécises
tu as écouté crissements de sandales
les piétinements sur ta part de terre
les morts imperceptibles rituels infinis

tu te souviens
tu as bafouillé le b a ba du lait
contorsions de la bouche mimiques des primates
tu as écouté les matières sonores
les chansons intestines les grelots recueillis
 gargouillements qui tracent la silhouette

tu te souviens
tu as gribouillé tes spirales
les litanies en boucles gestuelle lyrique
tu as écouté le grattage patient
ballet des circonvolutions à répétition
les trous à la pelle dans le noir terreau

tu te souviens
tu es assise sur un banc quelque part
garde barrière de ceux qui sont tant espérés
tu écoutes la sinuosité des ondes
convergences des paysages sonores
mélange de jungle et prés fleuris

tu te souviens
tu es photographiée sculptée chantée
sirène aux mains croisées et au regard profond
tu écoutes les ressemblances les représentations
en toi convergent les voeux de résistance
attente du rebond au saut à l'élastique

tu te souviens
tu es squelette et peau avec presque rien
et tout à rassembler images torturées
tu écoutes l'origine de ta vie
la note minuscule où tu vas renaître
le fil de ta voix qui refuse le silence

tu te souviens
tu as cru en l'humanité qui danse
à la cuisine parfumée des jours ordinaires
tu écoutes à l'abri de ton arbre à murmures
les préparatifs de notre repas de fête
en attendant dis moi quel est ton dessert préféré


andrée wizem

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avec deux images en tête
l'affiche concernant ingrid betancourt
libérez la
libérez les
et une sculpture en gestation
"souvenirs de terre"
de marie-paule deville chabrolle
journal d'atelier
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page myspace
"ingrid betancourt officiel"
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Vendredi 28 septembre 2007
duo

dû au hasard
mystère des langages
dû aux signes
magie des rencontres
dû aux sortilèges
grand jeu d'échec
dû au joker
tentative de survie
dû aux stratégies
tout plutôt qu'être seul
dû au tout pour le tout
avoir toutes les audaces
dû aux témérités
ne pas fuir les tentations
dû aux intuitions
aimer en douce
dû aux douceurs
gestes subtils
dû aux caresses
empreintes sur la peau
dû aux baisers
mémoire et souvenirs
dû aux confidences
écho des aventures
dû aux escapades
éclairs et coups de foudre
dû aux éblouissements
effets de coups de soleil
dû aux coups de théâtre
douleurs silencieuses
dû au silence
miroirs brisés
dû aux fêlures
noirceur de la nuit
dû aux cauchemars
annonce de ruptures
dû aux chocs
chutes en cascade
dû aux blessures
lenteur des cicatrices
dû aux impatiences
tyrannie des heures
dû au temps
urgence de vivre
dû au désespoir
capturer le bonheur
dû au sursaut
fuir la tristesse
dû aux oublis
plaisir à l'instant T
dû aux délices
jouir de l'existence
dû au désir
tenter la découverte
dû aux rêves
espérance de vie
dû aux horizons
messages à venir
dû aux mots
tissage de nos liens
dû aux échanges
noeuds de nos corps
dû aux sensations
palpitations secrètes
dû au coeur
l'élan vital
dû au réveil
ardeur de premier jour
dû aux lueurs
recueillir l'étincelle
dû aux astres
énergie pour demain
dû au souffle
préserver la braise
dû aux espoirs
attiser la flamme
dû aux lumières
vivre l'amour
dû aux passions
duo de poésie


andrée wizem
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Dimanche 16 septembre 2007
rencontre improbable

ouaip lui dit elle
où vas tu de ce pas
tu passerais sans me voir
me pensant éphémère

où sont donc
ta bouche et tes oreilles
où sont donc tes bras
pour découvrir le monde

ouaip lui dit elle
où vas tu de ce pas
tu passerais sans me voir
me pensant éphémère

tu es lisse comme le cuir
et ta ligne est parfaite
ton ovale percé de tes rayons
paraît même solaire

je ne suis qu'une ébauche
marquée d'hésitations
et tentant de se tendre
mes formes sont nouvelles

par quelques trouées d'air
je te suis transparente
toi tu ne laisses filtrer
que des points de lumière

ouaip lui dit elle
où vas tu de ce pas
tu passerais sans me voir
me pensant éphémère

par où vais-je accrocher
ce corps qui m'interpelle
et nous voilà sans voix
quelle langue choisir

ouaip lui dit elle
où vas tu de ce pas
tu passerais sans me voir
me pensant éphémère

de quel métal sommes nous
l'alliage est il possible
y a t il un aimant
permettant le contact

tu es lisse comme le cuir
et ta ligne est parfaite
où est donc ton regard
l'accent de ton désir

andrée wizem
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Vendredi 7 septembre 2007
l'étrangère

il était italien et aimait faire la fête
ça commence comme une chanson
mais ce n'en est pas une

il était italien et roi de la moto
ça doit avoir un sens et compter dans l'histoire
voisin des jours de jeûne comme jours de ripailles
il aimait inviter à partager sa table
du haut de l'escalier et de mes quatre années
j'ai chuté et depuis je reproduis la chute
j'ai compté et recompté les marches
dessinant sans fin tout le colimaçon
l'instinct de survie a dû me mettre en boule
arrondissant les angles pour amortir les chocs
je me suis vue emportée vers le ciel
c'était un nid douillet dans les branches et le bleu
la coque de ses bras était une nacelle
il était mon sauveur je l'entendais pleurer
les yeux fermés je vis une goutte de sang
les coulures tièdes ont des parfums d'encre
une senteur âcre qui vous colle à la peau
quelle ritournelle italienne ai-je dans l'oreille

il était du maghreb et aimait le soleil
ça commence comme une chanson
mais ce n'en est pas une

je me suis vue happée dans le flot de la rue
ça ne m'a pas surprise j'aimais l'imprévisible
les bruits ont disparu remplaçés par la houle
une onde des profondeurs qui vous lèche en passant
le soleil est devenu halo une fluorescence
la nuit était au jour avec des néons
j'ai dû fermer les yeux pour bercer ma romance
j'avais chaud à la hanche et les bras comme une anse
j'aimais déjà entendre la musique des mots
les accents de voyage et les voix de ce monde
il y eut des senteurs de ruelles et d'épices
des plats du jour et des pâtisseries
les baklavas sans frontières et pour tous
viennent de cet au-delà où manger est partage
l'avenir incertain avait goût d'espérance
les paupières sont closes sur une goutte de miel
glisse-t-elle encore au creux du ventre nu

il était africain et aimait les enfants
ça commence comme une chanson
mais ce n'en est pas une

de l'afrique à ici il y avait un grand pas
j'étais une corolle bourdonnant de pollen
ses paroles muettes voulaient taire le désert
les herbes étaient sèches et les images arides
j'avais déjà eu vent des tambours d'outre-part
et les coups du pilon scandaient les coups du sort
les ombres du baobab avaient l'art du silence
la bande était joyeuse et rêvait d'aventures
j'avais pris le parti de faire rire la terre
j'y allais de bon coeur guettant une embellie
mes épaules étaient larges et l'horizon aussi
et j'avais un bassin à enfanter le monde
je me berçais de mots et tout coulait de source
j'écoutais l'harmattan pleurer le ténéré
arbre en bois d'ébène sur une piste rouge
les paupières closes et les paumes au soleil
je n'ai pas résisté à la main qui se pose

ça commence comme une chanson
et ç'en est encore une
te voilà apatride et peut-être poète

tu es là devant moi et je te vois à peine
de tes années d'enfance quelles sont les ritournelles
pourrais-tu retrouver les mots qui t'ont fait rire
n'y a-t-il dans tes yeux que des lignes de fuite
que laisses-tu entendre entre tes dents serrées
qu'as-tu à me donner dans tes poings qui se ferment
y aura-t-il un banc pour nos mets de fortune
où sont les longues berges pour nos pas silencieux
lirons-nous ensemble entre les mots écrits
prendrons-nous le large avec des accolades
tisserons-nous des liens palpables dans l'espace
les silences du temps m'ont laissé des questions
c'est une ritournelle d'une langue inconnue
à l'instant du réveil me diras-tu bonjour
verras-tu sur la table mes petits mots d'amour
le sang est chaud pour les mains qui se touchent
pourrais-tu m'accueillir étrangère à moi-même


andrée wizem
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Mercredi 5 septembre 2007
dialogue

suis-je la seule
à voir tes gestes répétés
à entendre tes souvenirs
à toucher ton intimité

es-tu le seul
à deviner mes gestes répétés
à imaginer mes souvenirs
à approcher mon intimité

andrée wizem


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Mercredi 22 août 2007
hortensia

je n'ai pas attendu
que tu viennes me chercher
tout au long du chemin
j'ai laissé quelques signes
mon peigne d'écaille
a griffé les montagnes
mes dentelles d'azur
sont piquées de feuillages
mes empreintes solaires
ont brûlé quelques marches
je n'ai pas attendu
que tu viennes me chercher
j'ai vrillé des barreaux
je m'attache aux derniers
j'ai plongé dans la boue
liquide et mordorée
j'ai fait le va-et-vient
d'une paroi à l'autre
j'ai compté mes trésors
mon sac est à l'abri
derrière mes hauts murs
troués de meurtrières
je t'ai vu approcher
dans chaque ombre portée
j'ai perçu ton élan
mon oreille est tendue
vers les échos sonores
au milieu des gravats
des murailles fissurées
des matières d'outre-temps
de la poussière humide
du jour qui filtre à peine
des toiles ocres et bleues
d'un signe de la main
je t'indique où je suis
l'hortensia est à l'ombre
dans sa cachotterie
le portail grand-ouvert
l'hortensia fleurira

andrée wizem



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Vendredi 17 août 2007

les signes

au coeur de la nuit noire
un cygne fait une halte
sur épines et broussailles
blancheur et noirceur
plumes et branchages
fatigué d'un long vol
il allonge son cou
sera-t-il apaisé
au lever de ce jour


la lune
qui se dissout
dans le lavis
du ciel
atteint
en chute libre
la terre
qui s'enflamme
elle rampe
entre les branches
et fait feu
de tout bois
consumant
les douleurs
réveillant 
les brûlures
irradiant
l'espace
dispersant
en feux follets
les étincelles
de vie


et voilà que tu n'as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne

si la poésie vient à se mêler
à l'entreprise de terre brûlée
convoquant la lune et le soleil
pour manier le lance-flammes
où les oiseaux harassés et blessés
trouveront-ils de nouveaux élans
pour leur vol éperdu et sans fin


et voilà que tu n'as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne

je ne demandais qu'une modeste halte
une parenthèse pour lisser les ailes
pour se rassurer sur l'existence du nid
quelques nuits pour adoucir le chant
pour faire variations et courbettes du cou
je ne demandais pas la lune ni même le soleil
juste un répit avant  les espaces inconnus


et voilà que tu n'as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne

si les oiseaux ne peuvent plus se poser
sur les terres par toi devenues arides
j'implore la pluie et ses moussons de tomber de ce ciel
qu'elle pénètre le sable les galets la roche
que par toutes les fissures germent d'ancestrales graines
  que des arbres géants à nouveau s'élancent
se hissant aux nuages par-delà tous les astres
à la cime des cieux
les cygnes feront une pose
messagers de nos signes
sans jamais renoncer à leur quête infinie

mais voilà que tu n'as pas laissé
la moindre infinitésimale chance
pour le repos de mon cygne


andrée wizem
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montage de textes publiés sous le nom de andrée alias B2G
écrits sous d'autres titres et sous le nom de bouldegom
à partir des photos du mardi 4 avril 2006
sur la note "Fée"
chez'Ossiane sur "l'Oeil ouvert"
http://ossiane.blog.lemonde.fr/2007/08/
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Mardi 14 août 2007

alter écho

voici l'homme avec son miroir
il se penche pour voir
le reflet de ses ombres
que dessine la loupe
en dessous de l'eau claire
vigilance de la femme de chair
postée au chevet de la terre
parfois le corps décharné
comme une crevette molle
la main de la voisine
pour retenir l'épaule
regard perdu des vieux
sur le déséquilibre
le mouchoir sur le nez
pour cacher la misère
le visage à l'envers
avec un cri muet
la silhouette noire
qui tire le rideau
c'est un théâtre off
où les pensées s'étripent
la tête comme une enclume
il va frapper son front
les veines de sa peau
sont bleues de meurtrissures
le corps se contorsionne
pour libérer la fleur
c'est la quête infinie
de son alter ego
il a tiré les fils
de la gangue poisseuse
ce foutu turbinage
fait un enfer de bruit
le voilà au spectacle
d'un tourbillon géant
n'arrête plus
je veux creuser le trou
qui est juste en dessous
je veux puiser le fond
j'exerce le vertige
la chaude rotation
avive la fusion
dans ce magma brûlant
je retrouve la source
ne lâche pas la corde
lance moi quelques vivres
aide moi de tes cris
sois mon alter ego
te dire les bruits du monde
les craquements des continents

n'arrête plus
les clameurs des foules
les tambours d'outre-mers

je veux creuser le trou
qui est juste en dessous
te dire mes valses-hésitations
les échos de mes doutes

je veux puiser le fond
les notes claires décidées
les modulations de mes choix

j'exerce le vertige
te dire les rires des enfants
les chants joyeux des filles

la chaude rotation
avive la fusion
le chahut des tablées
les appels nuit et jour

n'arrête plus
je veux creuser le trou
qui est juste en dessous
je veux puiser le fond
j'exerce le vertige
la chaude rotation
avive la fusion
te dire les murmures du coeur
le clapotis de mes baisers
le chuchotement de ma peau
le souffle de ma flamme

ma bouche près de ta tempe
dans ce magma brûlant
je retrouve la source
ne lâche pas la corde
lance moi quelques vivres
aide moi de tes mots
sois mon alter écho


(montage de textes
publié sous le nom de andrée alias B2G
et modifié ce jour)


andrée wizem
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Samedi 11 août 2007
reality show et chaude réalité

on voudrait 
me mettre en vitrine
me voir copuler
et le tout en direct
je fais dans la finesse
le secret de l'alcôve
la tendresse du sexe
et le creux du vagin
dans la douceur du ventre
et quelques rêves aussi

rêve en pleine nuit
air frais sur mon bras


ai oublié de te dire

un long fil courait
comme celui qui allait
de la chambre au jardin
celui de la musique
les soirs de bel été
suivi le chemin sans bruit
t'ai vu échoué étendu
sur le dos bras en croix
dans l'herbe yeux fermés
en ai gardé l'image
avant que tu ne fuis

m'étirer tout du long
drap sous l'ardeur du jour

ai oublié de te dire

un espace existe
entre cuisse et sexe
ventre et haut de hanche
la main peut rester là

ai un autre espace
au verso de mon coude
peau de tambour bleutée
et les tempes aussi
va savoir pourquoi
des creux insoupçonnés
pour le toucher des doigts

front offert à la douche
eau ruisselante aux pieds

ai oublié de te dire

adore avoir mes règles
aime le sang qui coule
rouge et chaud entre cuisses
ne pas oublier de noter
ces croix de pleine lune
aimerais que ça dure
goutte à goutte rassurant
eaux mêlées de nature
vie de mon enceinte d'ocre
une part du désir

café noir bien tassé
chaleur entre les mains

ai oublié de te dire

les ai vues sans les voir
tes mains presque blanches
mains carrées de terrien
pour un corps de poète
lancée de stylo pour les mots
veste jetée au fauteuil
fébrilité aux pages du carnet
mains dans les poches
pas touché la paume
peau lisse peut-être
pas senti la chaleur

rouge sur la bouche
plaisir du maquillage

ai oublié de te dire

entrouvrir tes lèvres
tièdeur de ton souffle
agrandir la voûte
pour goûter à ta langue
émail lisse de tes dents
les contours pressés
en morsures gourmandes
toute salive bue
comme à la source
ma bouche simplement
imprimée sur ta bouche

marche le long des rues
air frais dans les yeux

ai oublié de te dire

ai senti ta chaleur
celle de ton corps
t'ai tenu par le bras
coude au creux de la taille
va savoir pourquoi
des creux insoupçonnés
accord de nos pas
frôlements hasardeux
presque yeux fermés
pour écouter ta voix
me souvenir des mots

ai oublié de te dire

rêves en plein jour

on voudrait
me mettre en vitrine
détailler le cru de ma chair
me voir copuler
et le tout en direct
je fais dans la finesse
le secret de l'alcôve
la tendresse du sexe
et le creux du vagin
dans la douceur du ventre
et quelques rêves aussi


(publié sous le nom de andrée alias B2G)

andrée wizem
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Mercredi 18 juillet 2007
radio portail


radio portail
un grand-père est arraché de france
sous les yeux des enfants
je répète
un grand-père est arraché de france
sous les yeux des enfants
si on t'arrache d'ici
c'est un peu moi qui pars
comment vivre avec les disparus au coeur

te souviens-tu... quand tu caracolais
en suivant le tricycle rouge et jaune...
nous te regardions éblouies par ta grâce
avec ta chevelure telle une crinière au vent
tu imitais à merveille le cheval ailé
t'encourageant du col en mouvements altiers
tu ralentissais ton galop sans perdre ta superbe
contrôlant du regard la horde de tes rêves
je voyais en toi ta mère ümmügulsüm
allant bride-abattue dans les montagnes kurdes
vous êtes de mon pays belles sauvageonnes
au regard farouche aux sourire lumineux
c'est toi que je regarde pour souffler sur ma braise
et emboîter ton pas de reine des cavalcades


radio portail
un père et une mère sont arrachés de france
sous les yeux des enfants
je répète
un père et une mère sont arrachés de france
sous les yeux des enfants
si on t'arrache d'ici
c'est un peu moi qui pleure
comment vivre avec les disparus au coeur

te souviens-tu...quand tu filais au vent
avec ta trottinette rouge et jaune...
c'était le printemps...revois-tu la campagne...
les champs labourés aux senteurs de fumier
pinçaient ton nez te faisant dire cacaboudé
chacun y allait de ses explications
la décomposition et la nécessité du retour au terreau
les odeurs qui sont les signes des poussées fantastiques
je voyais en toi amine troubadour du désert
jardinier de fleurs poussant sur toutes terres
vous êtes de mon pays poètes en baskets
au regard malicieux au sourire gourmand
c'est toi que j'entends me disant à l'oreille
dis ne trouves-tu pas que ça sent la chair fraîche

radio portail
un enfant est arraché de france
sous les yeux d'autres enfants
je répète
un enfant est arraché de france
sous les yeux d'autres enfants
si on t'arrache d'ici
c'est un peu moi qui ai peur
comment vivre avec les disparus au coeur

laissons les grandir sur la terre
qu'ils touchent de leurs ailes



andrée wizem
.........................................

publié sous le pseudo de andrée alias B2G
sur le site de
reseau d'éducation sans frontières



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