Entre nous

slameuse
à "la passerelle"
26500 bourg les valence

Scènes slam drôme 26

scènes ouvertes
(carte de drôme...clic...)
dernier jeudi du mois 19h30
participation possible
à l'atelier d'écriture à 18h
mediathèque la passerelle
(...clic...)
26500 bourg les valence
animée par
mehdi dix et mam bert'

 2ème jeudi du mois 20h30

au mistral palace
(...clic...)
12 rue pasteur
26000 valence
animée par
 mehdi dix et mam bert'

un samedi par trimestre 18h
au baz'art des mots
(...clic...)
19 grande rue
26390 hauterives
animée par
 andrée wizem & compagnie

7 février / 16 mai
25 juillet /  24 octobre

Vive la curiosité...

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Lundi 6 juillet 2009
...un plongeon en poésie et en musique
avec claude nougaro
sur france inter...

...du plaisir à retrouver la sensualté de la langue
et une manière jubilatoire de faire vivre la poésie.
en déployant le champ d'investigation de l'écriture
et en utilisant la voix comme un instrument
s'appuyant sur de solides fondations musicales...

émissions tout l'été ...
(voir les archives)
chaque émission peut s'écouter en différé
pendant une semaine...

andrée w.
Publié dans : correspondances - Par andrée wizem
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Dimanche 5 juillet 2009
présent composé

tout s'accroche aux murs bleus
le cartable traînant dans la rue
l'impact étouffé des pare chocs
la persistance des fronts têtus

 reflet dans la vitrine
brassée de jardinière
l'ondée des myosotis
un grand bain de ciel
une acrylique de mer

derrière le panneau coulissant
de verre teinté au gris fumée
la noirceur et la chaux mêlées
modèlent les détails d'un atlas

vues au passage clouté
une part crue de clarté
une marge d'obscurité
le dosage à pas mesuré
sur la tenture violacée


andrée wizem
.....................................................
c.f. "contemplation 5"
photo-montage de raphaële colombi
sur trottoir bleu
.....................................................
raphaële m'a proposé d'écrire
en lien avec une suite de ses études
de la série "contemplation"...

j'ai des références plutôt classiques
mais c'est avec enthousiasme que j'accepte
de revister mes représentations...

jusqu'à présent j'ai écrit quelques textes de manière non suivie
en lien avec quelques études qui ont retenu mon attention
au hasard de mes visites sur trottoir bleu...
ces textes sont regroupés dans "carnet bleu"...

c'est une expérience nouvelle que de tenter de m'exprimer
à propos de plusieurs études d'un même thème...

je vous invite à découvrir "contemplations 5"...

à suivre...
Publié dans : carnet atelier bleu - Par andrée wizem
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Samedi 4 juillet 2009
à l'ère contemporaine



un liquide s'écoule lentement

une main règle le débit de ce flux

je devine le transvasement d'un récipient à un autre

l'espace est clos au dessus d'un guéridon

et pourtant
ce déversement de haut en bas d'où naît le son
est comme la cheminée
d'où s'échapperait un brassage d'air ventilé

la partition trouvera un dénouement
 lorsque la tasse sera pleine

le ruban mordoré creuse ce qui s'apprête à déborder
mais il faut se rendre à l'évidence que loin d'être arrêté
même par le geste de retrait qui crée la rupture
 le flux n'en finit pas de chuter
d'emplir l'espace de se répandre
nappe les parois qui me séparent de la scène
se glisse sous le panneau de bois
imbibe le regard jusqu'à l'écran étalé devant nos yeux

les nuages eux aussi s'écoulent lentement sur un fond d'azur
une main restée tendue à bout de bras
tisse l'enlacement des images entre les doigts
chaque nuage prend son temps
pour aller d'un point à l'autre de la toile
aucun ne peut être retenu
seule la main tremble imperceptiblement de crispation
dans le désir de saisir l'impalpable

la partition liquide avec ses cassures ses bris de porcelaine
ses trop pleins ses cascades ses pleurs de fontaines 
ses incantations
ses yeux et ses oreilles suspendus
rythme le passage silencieux de l'eau devenue nuages
en flot continu
sans possible intervention
même d'une main de géant

sur les lignes d'un carnet
s'écrivent les silences
les trémolos de l'eau
les souffles imperceptibles
les césures
les points d'orgue
les champs des sons discontinus
les liaisons

dans un coin sur des étagères
les installations de lego
multiplient les constructions
de bric et de broc

au sol
inclinée
comme un miroir cherchant à capter l'inimaginable
une plaque de plexiglass
renvoie ses signes de croix

la cérémonie ancestrale
à ciel ouvert
est mille fois répétée

de part et d'autre
de l'ère contemporaine
les interlocuteurs présents sont muets
seule l'attention perceptible est sonore

hors de cet intérieur
la rue s'ébroue de klaxons
les pas bousculent des entrecroisements
comme il est dix sept heures et des poussières
nous allons prendre un thé

andrée wizem

Publié dans : carnet de voyage 1 - Par andrée wizem
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Vendredi 3 juillet 2009
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...vague 5...
(...clic...)

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Publié dans : carnet de voyage 1 - Par andrée wizem
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Jeudi 2 juillet 2009
...le vendredi 12 juin 2009
nous étions une vingtaine...sous les étoiles
à lusine du dérot
route de beaufort
26400 monclar sur gervanne...

...un beau lieu
pour écouter les textes présentés par
l'atelier "lecture-mise en scène"
initié par
jocelyne depardon
et hervé menu
sur le thème de l'utopie...

entre des textes de giono s'intercalaient
ceux de platon...rabelais...

avant le partage de quelques mets apportés
par les participants...nous étions invités à dire nos textes...
ce qui fut fait par quatre ou cinq d'entre nous...
j'ai présenté "pivoines"...

cette soirée fut l'occasion de rencontrer gislaine
qui fait partie de l'équipe d'animation
de la bibliothèque d'allex (26400)

nous avons prolongé cette rencontre lors
de la soirée de présentation des textes
de l'atelier d'écriture de la bibliothèque
le vendredi 19 juin 2009...
une soirée rythmée par des jeux d'écriture
s'intercalant entre les lectures des écrits autour des "10 mots"...
(...clic...)
(cliquer sur les photos pour voir d'autres images...)

ces deux soirées nous ont conduits à espérer
qu'une scène ouverte slam régulière
naisse...en alternance...pouquoi pas...
à lusine du dérot et à la bibliothèque d'allex...

pour que ce projet se réalise
une première initiative
atelier d'écriture + scène ouverte
animés par moi même
avec la participation à cette scène...je l'espère...de nombreux slameurs
...est en cours de mise en oeuvre
pour le samedi 17 octobre 2009...

dès à présent réservez cette date...

andrée wizem
...................................................

pour accueillir une "lecture-mise en scène"
contactez hervé menu
 06 14 94 03 90
herve.menu@gmail.com

par ailleurs voir café-théâtre "j'aime prévert"
avec jocelyne depardon et hervé menu
(...clic...)
(...clic...)

pour des infos slam du 17.10.09
contactez la bibliothèque d'allex
qui en prépare l'accueil
04.75.62.79.53
Publié dans : chantiers en slam poésie - Par andrée wizem
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Mercredi 1 juillet 2009
.....................................................................

les nacelles de bois
sont emportees à l'air libre
  errant dans nos rêves

l'obscurité des châlits
est pétrie de ces images

....................................................................

andrée wizem
...................................................
c f  une oeuvre de nathalie gauglin


voir aussi...(...clic...)
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Mardi 30 juin 2009
...c'est fou comme on pourrait s'habituer
au rétrécissement de la démocratie
dans l'imbroglio des textes...

voilà deux rappels...

http://www.ldh-france.org/Base-eleves-le-gouvernement

http://www.ldh-france.org/Proposition-de-loi-sur-les

avec cette question...
quel poème écrire qui soit une interpellation
transformatrice sans être une harangue...

cela me renvoie à une allocution de
mahmoud darwich ...
http://mahmoud-darwich.chez-alice.fr/discours/ramallah.html
...et si les fleurs d'amandiers
avaient un secret plus mobilisateur
de la part d'humanité
( qui résiste peut être en nous...)
que les symboles éculés brandis
le poing fermé...

au moment d'écrire ces lignes
je me demande de quoi amender le terreau
pour éviter que
les idées liberticides
n'aient force de loi...


en apparté et pour bien vous aider
à visualiser les méandres de mes pensées...
bien qu'elle soit une femme de belle apparence
je considererais
comme un recul supplémentaire de civilisation
que marine le pen soit un jour
 présidente de la république...
heureusement
tout cela n'est que de la politique fiction
et la poétesse-pouet-pouet que je suis
ferait bien mieux de conter fleurette...


.........................................................................................

quelle est ma couleur

je crois que je m'appelle edwige
je suis née dans les marécages de ma mémoire
dans l'humidité des ciels d'aurore ou de crépuscule
depuis je m'appelle edwige
je suis née dans le plancton et la vase
entre les pattes et les becs des flamants
les larves d'insectes ont murmuré
que je m'appelle edwige
j'ai baigné dans les nuées rose magenta
le berceau me destinait à la danse
ma robe d'enfant avait des allures de tutu
 les oiseaux m'invitaient aux premiers pas chassés
ils levaient haut leurs pattes et imitaient l'envol

pas d'éléphant ou de panthère roses
mais au détour des forêts des yeux effarouchés
des cerfs des lièvres et des choucas aux aguets
dans la cendre des bois et les terres sanguines
je m'appelais edwige
je regardais l'extrémité de mes membres
radiographie d'une chrysalide dans l'espace vide
entre les mains tendues et les pieds déchaussés
les essais d'écriture comme des loopings ratés
la prise d'élan au ras du sol des oiseaux trop lourds
fragilité du squelette rigidité du corps
je m'appelais edwige
je ne sais plus de quel oeuf je suis née

je veux bien être edwige
je peux prendre un masque de tigre ou d'aigle
je peux observer les flamants dans d'autres marécages
je peux voler des photos pour chercher des modèles
voir le regard d'un autre pour me trouver moi même
je peux arracher des pages écrites à la plume
lire les rêves d'apothicaires ou de frères mongolfier
la rédaction hésitante à l'encre d'imprimerie
assombrir des visages révéler des images
je peux redevenir edwige
princesse du damier comme alice d'un nouveau conte
entres les figures violines et la forêt des mots

je peux être edwige
pas de silhouette pesante aux marches d'escalier
pas de corps voûté issu du quatre pattes
pas d'autre que moi dans mon ici et maintenant
que le rose sanguin qui transpire et ruisselle
que les plumes des oiseaux mouillées par la rosée
qu'une ballerine en pied des papillons légers
 les yeux surpris des cerfs des choucas des lièvres
que les rugissements des fauves aux marécages
le ballet impatient des flamants roses
chorégraphie calligraphiée de mon identité
je m'appelle edwige
le magenta est ma couleur

andrée wizem

....................................................
déjà publié (...clic...)
Publié dans : pieds à terre - Par andrée wizem
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Lundi 29 juin 2009
passage de l'écluse

tu as mis pied à terre
sur le trottoir mouillé
le regard immergé
dans le reflet monumental

le choc des talons
faisant chanter la pluie
entre nuages et soleil
 s'accommode des ombres

le temps d'un instant

une averse de pas
précipitant les arbres

sous tes yeux passagers

le ciel met pied à terre
 flaques d'azur et de branches
les édifices irrigués par le sol
gondolent comme à venise

tu vas les pieds sur terre
où les teintes du bois
sont imprégnées de l'eau
au niveau zéro du paysage


andrée wizem
Publié dans : carnet de voyage 1 - Par andrée wizem
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Dimanche 28 juin 2009
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tu vas dans la lune
voyage à califourchon
à dos de fortune

quand bien même ta rossinante
a flairé un peu d'avoine


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andrée wizem
.....................................
c.f. oeuvre de nathalie gauglin
voir aussi (...clic...)
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Samedi 27 juin 2009



Publié dans : carnet pistes africaines - Par andrée wizem
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Vendredi 26 juin 2009
hier...
lors de la scène ouverte à "la passerelle"
médiathèque de bourg les valence...
david
a rendu hommage à
Neda , tuée samedi 20 juin 2009
lors d’une manifestation à Téhéran...

une jeune fille qui ne souhaitait
sans doute pas être une icône...
mais qui mêlait ses rêves à une utopie collective...

david termine son texte par un appel au peuple...
  si conscience d'un peuple il y a...
elle est dans les mains de chaque citoyen
je veux entendre que cela s'adresse à chacun de nous...

dans le fait que david ait eu recours à la poésie...
 et que nous étions nombreux à l'écouter...
 et que vous êtes là à lire cet hommage...
il y a lieu d'entrevoir un peu moins de crève coeur...

cela devrait nous inciter à un peu de cohérence...
je ne peux m'empêcher de penser
qu'alors que nous souhaitons
plus de démocratie de part le monde...
nous laissons s'amenuiser celle qui est encore la notre...

quels étaient les rêves de Neda...
 
andrée w.


................................................................


Neda, un petit cri persan


Neda, tu t'écroules parmi les manifestants
La poitrine déchirée par la balle d'un milicien
En un instant s'en va ta vie, s'écoule ton sang
Couleur d'espoir effacée dans le noir iranien

Le bassidji t'a visé le coeur en tueur professionnel
La lâcheté et la mort sont pour lui une ivresse
L'obscurantisme des ayatollahs hait les étincelles
L'extrême droite islamique broie la jeunesse

Petite Neda, ton âme est dans les roses d'Ispahan
Une fine épine contre cette théocratie immonde
N'aie pas peur princesse, tu es déjà notre enfant
Une icône au doux visage qui vole sur le monde

Contre la barbarie du régime tu étais colibri
Apportant ta part d'humanité, telle une oiselle
Avec tes plumes d'or, tu nous écris du paradis
Tu butines à présent nos larmes dans le ciel

Ton père pleure tes yeux vides fixent le bitume
Comme sereins mais chantant un silencieux cri persan
Tu n'étais que poussière mais tu es l'étoile qui s'allume
A présent pour la liberté dans la nuit de Téhéran

La démocratie truquée réclame des sacrifices
Marionnette et marionnettiste imposent le silence
La Mosquée bleue est un décor dans les supplices
Debout peuple méprisé, tu as l'arme de la conscience


David


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Publié dans : correspondances - Par andrée wizem
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Jeudi 25 juin 2009

cliquer sur l'image pour voir les autres dessins...


Pierres et ruissellements

 

 

 

Au premier voyage, il ne vit pas de quoi était fait le chemin.

Il marchait, déséquilibré, dans la nécessité de s’orienter, sans connaître les parcelles de terre où ses pas le menaient.

Il était chargé de mots, des sacoches de mots, entassés, empilés, enveloppés, reliés, triés, identifiés, vérifiés au sceau des érudits.

lI les portait tous sans en connaître aucun.



Au deuxième voyage, il regarda les éléments du monde. Il démêla les serpents des racines, il différencia les fruits des pierres rondes, il s’interrogea sur les feuilles des arbres et les milliers de feuillets qu’il avait à son dos.

Il se laissa aller à humer, à décomposer le paysage, à tourner et retourner la nature.

Dans le même temps, l’idée de faire vivre les mots pour nommer les choses fit son chemin puis l’habita tout entier. A ceux qui étaient enfermés dans son sac, se mêlèrent les cailloux sur lesquels son regard butait, et qui lui semblaient receler des significations palpables.


 

Au troisième voyage, il consulta les écritures du monde.
Il s’immergea dans les calendriers, les cartes, les prospectus, parfois, dans le dictionnaire et quelques atlas.
Il se posa des questions qu’il formula par des onomatopées, des frémissements des narines et des petits signes de jubilation.
II croisa d'autres marcheurs qui étaient occupés à regarder des choses de la nature et de l'esprit, invisibles à l'oeil nu.
Toute cette agitation se produisait, en silence, dans la compagnie des pierres.
Il s’enhardit à lire avec les codes établis et se confectionna des outils d’investigation : des échelles pour voir plus loin, des pelles et des pioches pour creuser plus profond.
Il s’inventa une brouette d’archéologue, de bâtisseur, de maître d’ouvrage, pour porter son aventure.


 

Au quatrième voyage, il prit, sur le chemin, ce qui mêlait le plus, l’air, l’eau et la terre.
L’objet de sa découverte fut, ainsi, la fleur de molasse semblable à la rose des vents. Il en fit son sujet d’investigation, sa question fondamentale. son noeud pour ne pas oublier.
En l’observant, il saisit que le temps savait faire son œuvre et sut que la vie et la mort étaient la sienne.
Il entreprit de marcher pas à pas et de marquer, chaque étape, d’une récolte minérale. Il accumula ainsi des voyages de galets et de coquillages, de concrétions de sable, d’empreintes animales et végétales.
Il décida de bâtir un sens à son existence, quelque chose d'inconnu encore, qui le dépasserait. Son édifice aurait l’âge de sa naissance et de sa mort et la longévité de la matière.


 

Au cinquième voyage, il déambula entre ses trouvailles. Puis, il survola des villages, des arbres, des tours, des temples.
Il s’infiltra entre les pierres, dévala des traboules, plongea sous des arcades , se hissa au sommet des corniches, réapparaissant à tous les frontons.
Il tissa des racines, fit pousser des arbres et laissa se déployer sa grande animalerie.
Cela ouvrait les ailes, se postait au seuil des fontaines et des monuments, veillait des sentinelles, formait des pyramides avec les mollusques et les éléphants.
Aux quatre points cardinaux, se révélaient les façades de l’univers.
Il fit tenir ensemble les éléments disparates de la terre, trouva une place à ce qui avait une forme indéfinissable, assembla de curieuses créatures en défiant les lois de l'équilibre.
Il mesura du regard la petitesse et la grandeur de toute chose.


 

Au sixième voyage, il retrouva les mots qu’il portait dans son sac, depuis toujours. Il ouvrit des enveloppes et découvrit des messages. Il y trouva aussi ses pensées, recueillies peu à peu.
La fragilité du papier ne lui avait pas échappé. Maintes fois, les piles de lettres qu’il était chargé de remettre à leurs destinataires, avaient pris l’eau. L’encre avait coulé, les mots s’étaient délavés.
Il lui fallait un support d’écriture à la mesure de ce qu’il voulait transmettre : les signes de l’énergie vitale.
Il connaissait bien la composition des roches. Il choisit celles qui résisteraient à l’effritement. Sur des pierres plates, il grava durant des années.
Il travailla au burin comme au stylet.


 

Au septième voyage, il abandonna ses plans, ses échafaudages et tous les brouillons de notes écrites sur des carnets.
Pensant avoir fait de son mieux avec ses mains, il regarda les nouvelles images qu’il avait créées et se dit qu'il était temps de mourir.
Dans son tombeau, son corps fut visité par la petite animalerie, démailloté par les racines, réduit en milliers de fragments se mêlant à la terre.
Depuis, la pluie ruisselle sur son œuvre, sculptant de nouvelles figures.
On y approche l’énergie de l’eau, la force des oiseaux, la placidité des fauves, la jovialité des bêtes à cornes,  la docilité des reptiles, l’exubérance des arbres, les enroulements de coquillages, le souffle du vent, la fluidité du sable.
On y découvre des lettres disséminées pour des lectures aléatoires, configurations plastiques des nouveaux calligrammes.


 

Andrée Wizem
(24.05.08...scène ouverte au "baz'art des mots") 

Publié dans : carnet de voyage 1 - Par andrée wizem
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Vendredi 19 juin 2009
mes rendez-vous...initiatives en tous sens...
slam ou dérivés du slam...écritures et images...
autres talents de slameurs et slameuses

poésie de tous horizons
à découvrir...

(voir aussi les annonces qui sont déposées par vous...
visiteurs...visiteuses...slameurs...slameuses...
dans les commentaires...en bas de cet article...)

(chercher les liens cachés sous l'affichage)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
mehdi dix et madame bert

 

duo de slameurs

et

Johnny Clegg

(...clic...)

en concert gratuit

samedi 18 juillet 2009

place de la mairie

26800 portes les valence

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

sous les galets... le slam...

scène ouverte 

andrée wizem
en compagnie de sam...
samedi 25 juillet 2009
(...autres dates...)
...ne le dites encore à personne car rien n'est sûr...
il  se pourrait que marco dsl
(qui anime une scène slam à "la presqu'île" à annonnay 07)
vienne avec quelques autres poètes-pouet-pouet...
c'est lui qui l'a dit qui est...
(...clic...)
18h00
19 grande rue
26390 hauterives
(...carte...itinéraire...clic...)
(vallée de la galaure - entre st vallier sur rhône(26)
et le grand serre (26)- entre beaurepaire (38) et st vallier sur rhône(26)-

non loin de romans sur isère (26)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

festival

"textes en l'air"

(...clic...)

juin / juillet / août 2009

(le 23 "mots paumés trio."..)

38160 saint antoine l'abbaye

(...clic...)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

atelier d'écriture + scène ouverte

animé par andrée wizem

(confirmations et précisions ultérieures)

samedi 17 octobre 2009

bibliothèque d'allex

26400 allex (près de crest)

(carte...itineraire...clic...)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

scène ouverte 

andrée wizem & compagnie
samedi 24 octobre 2009
18h00
au baz'art des mots
19 grande rue
26390 hauterives 
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
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Jeudi 18 juin 2009
......................................................................

alunissage
des ondes sont répercutées
jusqu'à nos oreilles

.....................................................................


andrée wizem

..........................................
c.f. "jardin à la française 1"
"jardin à la française 2"
"spirale de vie"

montages-photos d'emmanuelle vial
sur "trottoir bleu"

et une écoute
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Lundi 15 juin 2009
noctambules

lui

le mur garde toujours la trace
de la photographie où ruisselait
la chevelure d'une vaste prairie

elle

la nappe de safran
trempe dans le ruisseau sans fin
dos courbé d'une femme

lui

c'était un temps béni
les jupes étaient barbouillées de framboises
je m'amusais à compter les grains

nous en sommes à un pouillème
des récoltes à venir

elle

saisir chaque instant
comme on picore aux fruits mûrs
un jus de myrtille
s
lui

il y avait un privilège
dans le fait de pouvoir imbiber d'encre
le plateau rectangulaire
couvert de velours ras et luisant

l'empreinte nouvelle
est aussi vive qu'une signature
quand les lettres au tampon
ont plongé dans cette marée

elle

les formes sont obscures
drapées de bleu indigo
le poème s'y cache

lui

je furète encore entre les arbres
des oiseaux je ne trouve que les plumes
leur chant échappe toujours à mon entendement

pourtant je devine la becquée dans les futaies

elle

un soupçon de rouge
a chuté sur le tapis
comme un bibelot

lui

je regardais les crustacés
jetés dans l'eau brûlante

le gros bouillon écarlate
ne manquait pas d'épices

je garde au fond de l'oreille
le craquement des carapaces

elle

parfum de raisins
offrant la promesse d'un vin
dans un fût de chêne

lui

les peintures à la chaux
avaient la vivacité du ciel

je collais mon visage à l'embrasure
pour ne rien manquer du spectacle

le feu d'artifice
était à la hauteur

elle

la fleur oubliée
bleuet au champ égaré
le solstice d'été


lui

derrière la porte
s'amoncellaient
des éclats de voix

dans un rebond
je m'accrochai
au fil le plus clair

comme funambule
avec  une ombrelle
sur un arc en ciel

allant pas à pas
je parviens enfin
sur le tremplin

elle

le temps élastique
comme les caprices des saisons
invente ses images

lui

si l'arbre vient à mourir
si la feuille vient à manquer
si les lettres disparaissent

les gestes perdus
composent la mémoire
des mots absents

elle

une hésitation
au mi temps de l'écriture
comme un crissement

lui

un couloir infini
venu de l'enfance

mon arrivée tardive
résonne au vestibule

j'ai dans ma poche
des jeux inachevés

elle

un jardin en friches
de la terre au paradis
chemins de traverse

lui

l'espace agrandi de musique
les corps penchés sur la nuit

fantaisies démonstratives
dans une langue troubadour

dans mes bras est une flamme
que j'attise par mon souffle
elle

chaleur aux épaules
la trame des tissus brodés
suit une rivière

lui

les catégories du calendrier
ne sont pas pour les poètes

il neige au coeur de l'été

dans un nouvel esperanto
il faut baptiser les jours

elle

le printemps vacille
quand est remise à plus tard
la douceur de vivre

lui

quelque part dans le monde
mes draps de lit sont pliés

ma houppelande est vaste
je peux rêver en marchant

sous une pluie d'étoiles
je découvre une maison
elle

les murmures feutrés
sont au creux des lits défaits
comme froissement d'ailes

lui

la nuit ne peut s'éveiller
dans le coeur des mots
dits comme en plein jour

elle

avant de dormir
la nouvelle toile entrevue
couleurs inconnues




andrée wizem
..............................
c.f.(...clic...)
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